Droits des femmes et égalité des sexes

Dernière mise à jour : le 10-12-2021

À propos de la Suède - Pour s’orienter dans la société suédoise.

Ce texte traite des droits des femmes et de l’égalité des sexes. L’égalité des sexes signifie que les femmes et les hommes doivent avoir les mêmes opportunités, les mêmes droits et les mêmes obligations. Cela signifie notamment que les femmes et les hommes doivent avoir un pouvoir de décision égal, des chances égales d’aller à l’école et partager la responsabilité du foyer et des enfants. Nous sommes arrivé(e)s assez loin en matière d’égalité des sexes en Suède, mais il reste encore beaucoup à faire. Par exemple, de nombreuses femmes sont encore moins bien payées que les hommes, même si elles ont la même formation et exécutent les mêmes tâches.

L’égalité des sexes illustrée par une balance avec, de chaque côté, une femme et un homme qui ont le même poids.

Il s’agira notamment d’égalité des sexes et de la violence exercée par es hommes envers les femmes. Vous verrez également ce que fait le Parlement suédois pour rendre la Suède plus égalitaire.

Féminisme, égalité et égalité des sexes

Le féminisme est un mouvement dont l'objectif est l'égalité entre les sexes dans la société. Cela signifie que le féminisme a pour but que les hommes et les femmes soient traités de la même manière et qu'ils aient les mêmes droits et les mêmes opportunités.

D'autres facteurs que le sexe affectent la place d'une personne dans la société. Les femmes n'ont pas toutes les mêmes conditions de vie simplement parce qu'elles sont des femmes. Et c'est la même chose pour les hommes. Des facteurs tels que l'ethnicité, l'âge, l'orientation sexuelle, la religion ou le handicap peuvent également affecter la place que l'on a dans la société et les possibilités que l'on a de la faire évoluer.

L'égalité signifie que tous les êtres humains ont la même valeur et doivent être traités de la même façon pour que leurs droits soient respectés. L'égalité est donc un concept plus large que celui d'égalité des sexes.

  • Questions pour la réflexion

    Les conditions de vie peuvent également être liées à la situation économique et à l'éducation. Pouvez-vous donner un exemple de cas où une femme bénéficie de meilleures conditions de vie qu'une autre ?

    Qu'est-ce qui l'explique ?

La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes

La Déclaration universelle des droits de l'homme stipule que les femmes et les hommes doivent avoir les mêmes droits. Pourtant, les femmes sont souvent moins bien traitées. Par exemple, de nombreuses femmes se voient refuser le droit à l'éducation ou le droit à percevoir un salaire égal pour un travail égal.

L'ONU a donc adopté une convention particulière pour protéger les droits des femmes et mettre fin à toutes les formes de discrimination à leur égard. C'est ce qu'on appelle la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ou, en abrégé, CEDEF. Presque tous les pays membres des Nations Unies ont signé la CEDEF. Cela signifie que tous les pays ont le devoir de faire tout ce qui est nécessaire pour mettre fin à toute discrimination à l'égard des filles et des femmes. La Suède a signé la CEDEF en 1980.

L'objectif de la convention est d'inciter tous les pays à travailler pour atteindre l'égalité entre les sexes. Parvenir à l'égalité entre les sexes, c'est notamment donner aux filles et aux femmes le droit d'aller à l'école et d'accéder à l'enseignement supérieur. Il s'agit aussi de faire en sorte que les femmes aient la possibilité de travailler, de décider elles-mêmes de leur intimité et de décider avec qui elles veulent se marier. Elles n'ont pas, non plus, à subir de violences de la part de leur mari ou de n'importe qui d'autre. Toutes les femmes et toutes les filles doivent bénéficier de ces droits et être en mesure de prendre les décisions qui concernent leur propre vie.

La politique suédoise en matière d'égalité des sexes

Beaucoup d'exemples montrent que l'égalité des sexes est loin d'être atteinte dans la société suédoise. En voici quelques-uns :

  • Les femmes gagnent généralement moins d'argent que les hommes, même quand elles font le même travail.
  • Les femmes accomplissent un plus grande part du travail non rémunéré que représentent les tâches ménagères et le fait de s'occuper des enfants.
  • Beaucoup plus de femmes que d'hommes sont victimes d'agressions sexuelles.

Pour atteindre plus d'égalité entre hommes et femmes, le parlement suédois a adopté une politique d'égalité des sexes. L'objectif de cette politique d'égalité des sexes est que les femmes et les hommes aient le même pouvoir d'impacter la société et de construire leur propre vie. En Suède, la loi reconnaît aujourd'hui deux sexes, la femme et l'homme. Ce sont donc de ces deux sexes dont il est question dans le cadre de la politique d'égalité des sexes. Il existe cependant des personnes qui ne se définissent ni comme femmes ni comme hommes et d'autres qui sont d'un autre sexe que celui qu'elles avaient à la naissance.

Le gouvernement, les autorités et administrations publiques, les régions et les municipalités ont pour obligation de travailler pour que les objectifs de la politique d'égalité soient atteints en Suède. La politique d'égalité des sexes a six sous-objectifs. Ces sous-objectifs se concentrent chacun sur un domaine où les différences entre femmes et hommes sont importantes en Suède.

1. Une répartition égale du pouvoir et de l'influence

Dans plusieurs parties de la société, le pouvoir entre les hommes et les femmes est aujourd’hui inégalement réparti. Plus d’hommes que de femmes ont des postes élevés dans les écoles supérieures et les universités et une majorité des dirigeants d’entreprises sont des hommes. Plus d’hommes que de femmes ont des positions qui donnent beaucoup de pouvoir. Par exemple, la Première Ministre actuelle est la première femme de l’histoire à occuper le poste de chef du gouvernement suédois. Avant que Magdalena Andersson ne devienne Première Ministre en 2021, tous ses prédécesseurs avaient été des hommes. En Suède, le poste de Premier Ministre existe depuis 1876.

2. Égalité économique

Le marché du travail n'est pas le même pour les femmes et les hommes. Par exemple, un plus grand nombre de femmes travaillent dans les écoles, les hôpitaux et les résidences pour personnes âgées alors que les hommes sont en majorité dans l'industrie et les professions techniques. Les salaires sont souvent plus élevés dans les professions où travaille une majorité d'hommes par rapport aux métiers où les femmes sont les plus nombreuses. Même lorsque les femmes et les hommes ont exactement les mêmes fonctions, les hommes peuvent gagner plus. Plus de femmes que d'hommes travaillent à temps partiel, prennent un congé parental plus long et s'occupent davantage des enfants lorsqu'ils sont malades. Les différences entre les salaires et les pensions de retraite des hommes et des femmes sont donc souvent importantes.

3. Égalité d'éducation

Les choix que chacun est amené à faire en matière de filière de formation et de profession peuvent être influencés par ce que la société considère comme la norme pour une femme ou une homme. Cela contribue à faire en sorte que le marché du travail n'est pas le même pour les femmes et les hommes. Les recherches effectuées dans ce domaine montrent également que les garçons obtiennent de moins bons résultats scolaires et qu'ils y ont des notes inférieures à celles des filles. Les filles ressentent souvent plus de stress et se portent moins bien.

4. Répartition équitable du travail non rémunéré

A la maison, ce sont les femmes qui s'occupent de la plus grande part des tâches domestiques; ce sont elles qui, le plus souvent, font le ménage, préparent les repas et s'occupent des enfants. Les femmes prennent également davantage soin des proches, y compris des proches de leur conjoint. C'est ce qui explique que de nombreuses femmes travaillent à temps partiel. Les femmes gagnent donc souvent moins que les hommes.

5. Égalité en matière de santé

La situation des femmes est également différente de celle des hommes dans le domaine de la santé. Un diagnostic de maladie mentale est par exemple plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. Les femmes prennent presque deux fois plus de congés de maladie que les hommes. Plus d'hommes que de femmes ont des problèmes d'alcool ou de drogue. Plus d'hommes que de femmes se suicident.

6. Mettre fin à la violence des hommes à l'égard des femmes

Une grande partie des violences dont sont victimes les filles et les femmes ont lieu au sein de la famille. Ce sont le plus souvent les hommes qui commettent ces violences. Plus de femmes que d'hommes sont victimes d'agressions sexuelles. Chaque année, plusieurs femmes sont assassinées par des hommes avec qui elles avaient ou avaient eu une relation.

Pour que les objectifs de la politique d'égalité des sexes soient atteints, il est notamment nécessaire de prendre des décisions politiques et de changer la législation. Voici quelques exemples de modifications législatives qui ont fait progresser l'égalité des sexes en Suède :

  • Trois mois de congé parental sont aujourd'hui réservés à chacun des deux parents afin d'inciter un plus grand nombre de personnes à partager le congé parental plus équitablement.
  • Chaque année, les employeurs ont l'obligation de présenter un comparatif des salaires des femmes et des hommes qu'ils emploient, afin d'éliminer les différences injustes de rémunération entre les femmes et les hommes.
  • La Suède a adopté une loi sur le consentement. Cette loi signifie que toute personne qui veut avoir des relations sexuelles avec une autre doit toujours être sûre que l'autre le veut aussi. La loi a pour objet de prévenir les agressions sexuelles.

La violence des hommes à l'égard des femmes

La violence familiale de même que la violence et l'oppression liées à la culture de l'honneur existent dans le monde entier. Lutter contre la violence est un effort international qui se fonde sur plusieurs conventions dont la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et la Convention relative aux droits de l'enfant. La Suède a adopté plusieurs lois pour rendre illégales toutes les formes de violence, celles à l'encontre des filles et des femmes, mais aussi à l'encontre des garçons et des hommes.

La violence est courante et peut s'exprimer de nombreuses différentes manières. Une victime de violences peut être battue, insultée ou poussée à des actes sexuels contre sa volonté.

Violences domestiques ou intrafamiliales

Le fait d'être maltraité(e) par un proche relève de ce que l'on appelle les violences domestiques, familiales ou intrafamiliales. Une personne peut, par exemple, être victime de violences de la part de son mari, de sa femme, de son partenaire, de son père, de sa mère ou d'une autre personne avec laquelle elle a un lien de parenté.

La violence familiale est souvent un mélange de violence psychologique, sexuelle et physique. Il peut s'agir de subir des insultes, d'être traité(e) de débile, de pute ou de con(nasse). Il peut aussi s'agir de voir un objet personnel volontairement cassé, de ne pas avoir d'argent à soi ou de ne pas disposer de son propre mot de passe pour accéder à ses comptes numériques. Il peut enfin s'agir de viol, de menaces graves et de violences.

  • Questions pour la réflexion

    Pouvez-vous donner des exemples de violences psychologiques ?

    Que veut-on dire lorsqu'on dit que la violence familiale est souvent un mélange de violence psychologique, sexuelle et physique ?

Violence ou oppression liée à la culture de l'honneur

Certaines familles, au sens strict comme au sens large, peuvent avoir une conception très restrictive de la façon dont les femmes et les filles doivent se comporter. Il peut s'agir de règles familiales qui définissent avec qui une fille ou une femme peut avoir des contacts, qui spécifient quels vêtements elles sont autorisées à porter et qui stipulent qu'elles doivent être vierges jusqu'au mariage. Il peut également s'agir de règles relatives à la seule orientation sexuelle acceptable pour la famille. Parfois, il suffit qu'il y ait des soupçons que quelque chose s'est passé. Lorsqu'une personne est punie pour avoir enfreint les règles familiales, on parle de violence ou d'oppression liée à la culture de l'honneur.

La violence et l'oppression liées à la culture de l'honneur sont une forme de violence exercée par les hommes sur les femmes. Ce sont souvent plusieurs personnes qui exercent ensemble cette violence ou cette oppression. Le partenaire ne fait pas nécessairement partie des auteurs de ces violences. Cela peut être le père, la mère, des frères et sœurs, des personnes avec qui la victime a un lien de parenté ou des connaissances de la famille. La famille, au sens strict comme au sens large, recourt à la violence pour regagner l'honneur qu'elle a l'impression d'avoir perdu. Les personnes qui contribuent à l'oppression peuvent d'ailleurs aussi en être elles-mêmes victimes, comme les mères et les jeunes hommes de la famille. Ce ne sont pas seulement les femmes et les filles qui sont victimes de violence et d'oppression liées à la culture de l'honneur, mais aussi les garçons, les hommes et les personnes LGBTQI.

La violence peut prendre différents aspects. Il peut s'agir de violence physique, de menaces sérieuses de violence physique voire même, dans des cas extrêmes, de violences mortelles. La violence peut également consister à exercer une surveillance et un contrôle stricts. Par exemple, en forçant quelqu'un à se marier contre sa volonté. En Suède, il est illégal de forcer quelqu'un à se marier contre sa volonté et à donner en mariage une personne de moins de 18 ans. Ces deux actes sont considérés comme des délits : le délit de mariage forcé et le délit de mariage d'enfants. L'excision, comme toute mutilation génitale, est interdite par la loi et forcer quelqu'un à se rendre à l'étranger pour y procéder ou pour se marier est également un délit. Les services sociaux peuvent prendre une décision d'interdiction de sortie du territoire s'ils estiment qu'il existe un risque de mariage et/ou de mutilation génitale.

Demander de l'aide

Si vous-même avez, ou quelqu'un que vous connaissez a, été victime de violences, signalez-le à la police en appelant le 114 14. En cas d'urgence, appelez le 112. Vous pouvez également contacter le poste de police le plus proche de chez vous.

C'est la commune qui a la responsabilité de protéger les victimes de violences. Elle peut, par exemple, vous proposer un hébergement protégé. Les services sociaux doivent apporter un soutien et une assistance aux enfants, aux femmes et aux hommes qui vivent dans un contexte de violence familiale ou de violence et d'oppression liées à la culture de l'honneur.

Ce qu'on appelle en suédois un "kvinnojour" est une permanence qui offre soutien et protection aux femmes et aux enfants qui ont été victimes de violences familiales ou de violence et d'oppression liées à la culture de l'honneur. Il y a aussi des permanences similaires pour les filles plus jeunes, on parle alors de "tjejjour". La plupart de ces permanences ("kvinnojour" et "tjejjour") sont gérées par des associations sans but lucratif. Il en existe dans tout le pays.

Dans de nombreuses communes, il existe des structures de crise pour les femmes et les enfants. Ces structures aident les personnes qui ont été victimes de violence. Il existe également des structures spécialisées pour aider les hommes qui le font à cesser de recourir à la violence. Les hommes victimes de violences peuvent également obtenir de l'aide.

Si vous êtes victime de menaces et de violences, vous pouvez appeler Kvinnofridslinjen, un service d'assistance réservé aux femmes victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles. Ce service d'assistance téléphonique est ouvert 24h. sur 24 et 7 jours sur 7. L'appel est gratuit. Vous pouvez rester anonyme. Composez le 020-50 50 50.

Pour les moins de 20 ans, il existe un site spécifique : ungarelationer.se. Ce site propose soutien et information aux jeunes qui sont en position de vulnérabilité dans leur relation ou qui ont un(e) ami(e) qui l'est ou, au contraire, qui est celui ou celle qui exerce une violence ou une oppression sur son partenaire. Il peut s'agir de violences actuelles ou passées. Le site permet de chatter si on en ressent le besoin.